16 septembre 2010

Courage ?

Il suffit de si peu... la vie qui dérape, un bout d'ADN qui bégaie... Et nous voilà foudroyés, anéantis, calcinés,vacillants. Et notre âme nue qui tremble en nous comme une flamme dans un courant d'air.  Il suffit de si peu... Et nos armures et nos masques gisent, fendus, démantelés, rouillés, à nos pieds, nous livrant au plus fragile, au plus douloureux de ce que nous redoutons d'être.  C'est dans ces moments-là, dévastés, illuminés, que nous aimons le mieux, et le plus "juste". Parce que c'est le seul temps où nous... [Lire la suite]
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14 septembre 2010

Arrière-saison

Après les excès passionnés d’un été convulsif, septembre a fraîchi, endeuillé déjà de sa fin qui s’annonce. Ses humeurs nous rassemblent, installés dans la lueur de ces flambées qu’exigent notre confort et notre bon plaisir, au soir tombant.  L’odeur de ma ville a bien changé depuis mon enfance. Elle s’est dissipée, cette poignante âcreté d’un charbon réticent à la flamme, et qui me serrait la gorge comme un vrai chagrin. Aujourd’hui, c’est l’encens capricieux du bois qui pétille qui me chavire l’âme.  Ce mois de... [Lire la suite]
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10 septembre 2010

Oh ! (Haut de la ville. Autres temps)

C’est une fin d’après-midi déjà ombreuse, dans les belles rues du haut de la ville. Un invraisemblable camion jaune canari, poussif, hoquetant, crasseux, arrive à dépasser dans un grand cri de cylindres malmenés une berline anonyme, d’un luxe discret mais absolu. Tant d’efforts pour se voir coincés côte à côte, quelques mètres plus loin, devant un feu rouge...   Dans le camion, un couple de chevelus, farfelus, hirsutes : des babas cools, rescapés des contreforts de Katmandou, des nostalgiques sniffeurs de patchouli,... [Lire la suite]
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10 septembre 2010

Forêts

"La forêt est un temple où de vivants piliers..." Bien sûr, la forêt est un temple. Mais bien avant cela, la forêt est un ventre. Un luxuriant chaudron où fermente inlassablement, en son éternelle alchimie, le cycle éternel de la vie-mort-vie, la chanson de tout ce qui ne survit que par d'autres morts...  La forêt est un ventre, d'où jaillirent pêle-mêle, l'animal et l'humain, le végétal et le féerique... Chacun empruntant aux autres, en un ordre indécis, qui son endurance, qui l'arme de la griffe et la dent, qui la... [Lire la suite]
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04 septembre 2010

Mise en cinquantaine

Je n'ai plus vingt ans. Mes amours non plus. Et, dieux merci, c'est une bonne chose.  L'âge prenant. Les cabossades qu'on hérite de ses tribulations. Tout ça... Commencer à s'étonner d'être en vie. Et l'amour qui reste à faire. Même s'il se fait rare. Surtout s'il se fait rare, et d'autant plus précieux.... Monsieur Ferré vitupère contre la tendresse, la gueule amère et le verbe haut. Pourtant...  Loin de percevoir de l'affadissement dans ce que je vis, il me semble plutôt que tout s'affine. Ce n'est plus la part... [Lire la suite]
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03 septembre 2010

Ailleurs (Ville. Hors les murs)

Peu de verdure, en réalité. Mais, disséminés partout, des parcs, des avenues plantées d'arbres... Triomphale urbanisation, réhabilitation des façades. Il y a aussi ce qu'il faut d'humanité, de tous les âges, de quelques couleurs différentes... et dans tous les coins des moineaux et des pigeons. Comment expliquer alors que cette ville me fatigue ? Son centre historique me colle des névralgies, des nostalgies...  Tout est trop. Il me vient l'impression de me promener dans un puzzle, passant d'une pièce à l'autre, enjambant des... [Lire la suite]
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29 août 2010

Nouchka (Banlieue grise)

Nouchka, elle nettoie chez ma grand-mère. Avant, c'était la vieille Céline. J'aimais pas Céline. Elle était vieille, elle sentait pas bon. Elle était pas belle et elle criait après tout le monde comme si on était des vaches. Elle a arrêté parce qu'elle était devenue vraiment trop vieille et que sa fille ne voulait plus qu'elle travaille. Alors elle l'a prise dans sa maison.  On est restées comme ça pendant quelques semaines. C'était Maman qui nettoyait chez ma grand-mère. Mais ça n'allait pas bien. Ma grand-mère elle n'est... [Lire la suite]
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29 août 2010

Des maisons et des lieux (Banlieue nocturne)

D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu peur la nuit. Enfin, je veux dire, quand il fait sombre. Et quand je suis à l'intérieur. Parce que, si je suis dehors, eh bien, ce n'est pas du tout pareil...  Je sais, vous allez me répondre que la plupart des enfants ont peur du noir, que jusqu'à un certain âge, c'est habituel, normal... Il y a si peu d'années que cette peur me laisse un peu de répit, en un endroit, du moins ! J'ai la bonne cinquantaine. Et je n'ai cessé d'avoir peur que depuis que je vis dans la maison où je... [Lire la suite]
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26 août 2010

Le village du forgeron (Banlieue ocre. Hors les murs)

Le village a changé. Il y a longtemps que je n'y étais plus revenue, il faut dire. Je l'avais quitté en même temps que ceux du clan du forgeron, qui étaient partis chercher leur bonheur ailleurs. Comme j'aimais beaucoup le forgeron et sa famille, j'avais suivi...  Longtemps, ailleurs, affairée à d'autres choses. Comme tout le monde. Puis le forgeron est tombé malade. Tout le monde s'est serré autour de sa couche. Avec tous les remèdes, toutes les prières. Tout. Il a bien fallu se rendre à l'évidence : on ne pouvait rien pour lui... [Lire la suite]
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24 août 2010

Le verbe et l'épiderme

Est-ce moi qui ai un vocabulaire trop "court", ou bien la langue française qui manque de mots ? Si "écouter" répond à "entendre", "regarder" à "voir", je ne trouve pas les mots idoines pour parler de la perception du toucher. "Sentir" est affreusement vague et sert aussi pour le nez (qui a, par ailleurs, "humer"), et je n'ai pas trouvé le verbe qui indiquerait l'attention, l'intention investie dans la perception. Quant aux mots du goût, pas la gloire non plus...  C'est, entre autres événements, ma fréquentation assidue des... [Lire la suite]
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