Après les papillons...

20 mai 2020

Botanique

que mes aïeux 

des plaines du nord 

me le pardonnent : 

aux vrilles 

du houblon 

je préfère

 celles de la vigne

 

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07 mai 2020

Ca revient...

Toi qui tries les objets d'un tien défunt 

Prends garde  

Les secrets de famille sont là 
Prêts à te sauter à la gueule 

Mines oubliées d'une guerre 
Depuis longtemps perdue 

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16 mars 2020

Orage de dents

Une molaire cariée clame sa douleur 

Sur l'autre mandibule 

Ses soeurs

Par compassion 

Entonnent un douloureux contrepoint 

Les chants les plus désespérés... 

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13 mars 2020

Les plaines de Hurlevent

 

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Depuis, le gris s'est assombri. Et toutes les âmes damnées reviennent hurler aux coins des portes et des fenêtres. 
J'ai les nerfs qui cisaillent, toron après toron. 

Le vent, ici, est brutal et péremptoire. Il ne tolère rien dans sa trajectoire.

À chaque gifle qu'il lui assène, la maison sursaute. Moi aussi...

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16 février 2020

Dennis

Non ! Ne touche pas à ça ! Ce ne sont pas des quilles. Tu ne peux pas les renverser. Non ! Ni les casser !! 

Mais noon !! Non, tu ne lances pas ! Ce ne sont pas des frisbees. Et on n'est pas à la plage... 

Et arrête de donner des coups de pieds dans la porte ! Et ne secoue pas les persiennes !! 

Rhooo ! Mais quelle calamité, lui !! 

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13 février 2020

Ciara, Dennis

Les banshees sont revenues 

Je les entends hurler leurs imprécations 

Hululer leurs malédictions 

Une au coin de la cheminée 

Une derrière la porte du grenier 

Qu'elle secoue d'une frénésie rageuse 

Une autre siffle aux volets du salon 

Et que dire de celle qui mugit entre la cuisine et la véranda ? 

 

 

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07 février 2020

Lune

Elle me toise 

D'un regard fixe 

Au plein milieu de ma fenêtre 

Il fait jour, pourtant 

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25 janvier 2020

Saturday Morning Fever

Il est passé midi. Tu as attendu quasiment en vain que les lecteurs du samedi matin arrivent. Pas grand-monde à se mettre sous la dent. Bah, c'est l'hiver, il fait gris... A leur place, toi aussi, tu serais volontiers restée pelotonnée sous ta couette, hein ! 

Comme ça fait un moment que tu n'es plus venue, ta collègue-chef est sortie de son bureau pour t'expliquer vite et mal, en donnant tous les signes d'une exaspération profonde, les nouveautés quant à la façon d'introduire les heures supplémentaires prestées. Du coup, te voilà perplexe devant de fines bandelettes de papier déchiqueté dont tu te demandes ce que tu vas bien pouvoir faire... 

Ton collègue, lui, est en train de bavarder avec un couple sympa, à côté de la porte. Jusque là, tout va bien. 

Ah, les lecteurs commencent à arriver ! Il est presque midi et demi, l'heure de fermer boutique... Classique. 

Et là, ça y est ! Quelqu'un vient enfin vers le comptoir de prêt. Oublié sa carte, bouquins en retard, encore du classique... Comme si débarquer le plus tard possible allait lui garantir l'impunité !

Au moment où tu veux te servir du logiciel et de la douchette, catastrophe : le réseau, le logiciel, l'ordinateur, quelque chose a foiré ! Plus rien ne répond. Pas question de contacter le service informatique : ils sont de garde jusqu'à midi seulement ! Pendant le temps qu'il te faut pour constater ça, le troupeau a commencé à s'amasser, compact, devant toi.

Ils s'énervent. C'est qu'ils n'ont pas que ça à faire, eux ! Ils ont encore une vie, le weekend, eux ! Et ils commencent à t'en vouloir de le leur faire perdre, le précieux temps de LEUR fin de semaine... Et puis, il leur faut absolument tel bouquin pour le gamin, qui doit l'avoir lu pour lundi matin, il leur faut aller chercher des infos (infos ? ouaip !) sur Internet, ils... 

Le temps que tu te retournes, une dame s'est faufilée derrière le comptoir pour téléphoner à je ne sais qui, sans te demander ton avis ni ta permission. Au moment où tu t'apprêtes à lui demander de quel droit elle s'est installée là, elle t'enguirlande aigrement parce que "même le téléphone ne fonctionne pas, dans ce trou" ! Effectivement, tu te rends compte que les coups de fil et engueulades des collègues des autres lieux de prêt ne te tombent pas dessus en cascade, comme c'est le cas d'habitude quand quelque chose cafouille pendant un samedi matin. Ta collègue-chef est toujours retranchée dans son bureau à part. Tant mieux : tu sais que si elle te tombe dessus maintenant, ça va être pour te reprocher ce qui se passe. Ton collègue bavarde encore près de la porte, avec d'autres personnes. Tu ne sais plus quoi faire. Désespérément, tu cherches un bic et du papier, pour noter à la main les numéros d'inventaires de ce qui rentre et sort. Tu remettras ça "dans la boîte" lundi, si tout refonctionne à ce moment-là. Tu trouves bien des feuilles de brouillon. Pour le bic, par contre... Il doit y en avoir un sur le comptoir, mais il a disparu. Un de plus !  

Il est treize heures. Tu devrais être partie depuis un moment. Tu es noyée. Tu désespères. Où s'est envolé ce qui faisait le bonheur de ce travail, avant ? Comment vas-tu réussir à finir cette matinée sans susciter d'esclandre, de grincements de dents, de plainte au bourgmestre ou à l'échevin ? Comment vas-tu t'en tirer ? Tu commences à avoir furieusement envie de partir pleurer ailleurs, en les laissant tous se débrouiller sans toi... 

Et là, tu te réveilles ! Dans ton lit douillet, dans la chambre de la "bête" maison où tu vis depuis ta retraite anticipée. Et c'est de soulagement que tu pleures ! 
On ne guérit pas d'un burnout ! A la moindre fatigue, tout te retombe dessus, massif et grouillu d'émotions ingérables. Comme avant ! Autant le savoir... 

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21 janvier 2020

Soir

Au lointain, Maisières et Obourg s'estompent dans une brume d'étain. 

Dessus, le ciel rosit d'un brasillement étouffé de cendres douces. 

Tout en haut, dans le limpide, un diamant étincelle impudemment. 

C'est l'hiver. Le soir tombe

 

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26 novembre 2019

Dyspraxie

Ces mains 

Ne servent loyalement 

Qu'à caresser 

L'animal qui quémande 

Et l'enfant chagriné 

A toute autre tâche 

Elles bégaient 

S'enfargent 

Me laissent désemparée 

Devant de piètres demi réussites 

Et des gâchis parfaits

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